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L'EVOLUTION DU PAYSAGE DE LIEPVRE AU COURS DE SON HISTOIRE (travail du CM1 et CM2)
(Laëtitia, Sarah, Loïc, Eva, Emeric, Nicolas J., Maude, Coralie, Nicolas K., Mélinda, Julien, Robin, Eloïse, Lucas, Erwan, Léna, Romain, Amandine, Hugo, Iris, Doryan, Loréna)

SOMMAIRE

Le prieuré
Le village
Les forêts, les prairies et les vignes
Les vignes
Existait-il d'autres usines dans le village ?
Le chemin de fer
L'école

Les croix sur la Collinière
Le Séquoïa
Le stade de football

 

C’est avec l’arrivée de Lucie le jeudi 18 décembre 2008, que notre projet a débuté. Avec elle, nous sommes partis observer le paysage en nous postant sur les hauteurs de la Collinière. (Il faisait très froid ce matin-là !)

Nous avons distingué différents plans :

  • 1er plan :
    l’herbe et les buissons de la Collinière

  • 2ème plan :
    l’école, l’atelier communal, les commerces, les habitations et au fond,  les usines Schmidt

  • 3ème plan :
    les prairies situées sur des collines qui bordent le village

  • En arrière plan : les montagnes couvertes de forêts

Après nos observations géographiques, nous nous sommes interrogés sur l’histoire de ce paysage.

A-t-il toujours été ainsi ? Pouvait-on apprécier la même vue de la Collinière il y a 100 ans ? 200 ans ? …
Et c’est ainsi que notre aventure a commencé.

Pour répondre à nos questions, nous avons mis à contribution, le secrétaire de mairie, certains habitants, des membres de nos familles, mais aussi des spécialistes travaillant à la société d’histoire du Val d’Argent.

 C’est ainsi que Bénédicte Hernu, animatrice dans cette société, nous a fait découvrir l’histoire de la fondation du village, lors d’une visite dans les rues de Lièpvre.

Statue de Fulrade  son socle 

Sur le socle de la statue
on peut lire :

« A Fulrade, abbé de St Denis- archichapelin de Pépin le Bref
Carloman et Charlemagne.
Homme d’Etat
Artisan de la puissance carolingienne
Fondateur du prieuré de Lièpvre. »

     

Lièpvre est le premier village de la vallée de Sainte Marie-aux-Mines a avoir été fondé. En 774, Charlemagne fait don à Fulrade de la vallée de la Lièpvrette. Celui-ci fonde alors un monastère. (situé sous les actuelles Cuisines Schmidt). Autour du monastère viennent s’installer des serfs, qui avec des moines défrichent et cultivent la terre. Un hameau (Fulradocella) se forme, puis vers le 9e siècle, prend le nom de Lepraha. Lepraha s’entoure de mur et devient une ville. En 1404, le duché de Lorraine s’empare du prieuré et de ses biens. La ville connaîtra bien des guerres et sera notamment détruite durant la guerre de 100 ans. Puis au 18e siècle, en 1790, toute la vallée sera rattachée au département du Haut-Rhin. 

 

Dessin établi à la demande de Michel Bichler, intendant des mines représentant la maison d'Autriche et surintendant de la partie lorraine du Val de Lièpvre. Croquis du prieuré de Lièpvre tel qu'il existait encore en 1549 - Fonds Grandidier entreposé à la Bayerisches Staatsarchiv de Karlsruhe  

 

Le prieuré ? Peut-on encore trouver des vestiges ?

Le prieuré sera détruit en 1751. Les pierres sont alors éparpillées dans le village servant dans les constructions de Lièpvre et notamment pour l’église de l’Assomption. Deux magnifiques chapiteaux romans qui forment la base des fonds baptismaux y sont conservés. Ce support comporte quatre faces, des sculptures représentant l’Apocalypse de Saint Jean.

Une cloche, datée de 1542, proviendrait vraisemblablement du prieuré de Lièpvre. Enfin dans l’église, se trouve la pierre tombale des chevaliers d’Echery, vassaux du duc de Lorraine. Ils furent enterrés dans le prieuré de Lièpvre car ils étaient également sous-avoués du couvent. Depuis cette pierre a été déplacée en différents endroits puis placée dans l’église en 1998. A gauche, en sortant de l’église, dans un coin du cimetière, se trouve un ancien ossuaire. Les baies seraient également des vestiges de l’ancien prieuré.

Et dans le village ?

   

Promenez-vous rue Hoimbach, vous trouverez une maison dont les murs conservent les pierres d’un bénitier issu du prieuré !

Dans la mairie, deux têtes en pierre représentant des boucs, font aussi partie des derniers vestiges du prieuré.

Après cette visite étonnante, David Bouvier, archiviste du Val d’argent, est venu dans notre classe, pour répondre à nos questions. Il nous a présenté différents documents : des cartes datant du XVIIIe siècle, des cartes postales du XIXe siècle, mais aussi des photos, que nous avons pu observer et analyser.
Grâce à ces trésors du passé, nous avons pu comprendre comment le paysage s’est transformé au fil des siècles.

   

Les forêts, les prairies et les vignes

 

Sur cette carte du 18e siècle, on constate qu’il n’y avait pas beaucoup de forêts. L’agriculture était à l’époque la principale activité. Les terres avaient été défrichées pour permettre la culture et le pâturage.

Promenez-vous rue Hoimbach, vous trouverez une maison dont les murs conservent les pierres d’un bénitier issu du prieuré !

Dans la mairie, deux têtes en pierre représentant des boucs, font aussi partie des derniers vestiges du prieuré.

Après cette visite étonnante, David Bouvier, archiviste du Val d’argent, est venu dans notre classe, pour répondre à nos questions. Il nous a présenté différents documents : des cartes datant du XVIIIe siècle, des cartes postales du XIXe siècle, mais aussi des photos, que nous avons pu observer et analyser. Grâce à ces trésors du passé, nous avons pu comprendre comment le paysage s’est transformé au fil des siècles.

Au début du XIXe siècle,  le bois vient à manquer et de 1840 à 1860, des plans de reboisement ont été mis en place.
Aujourd’hui, l’élevage et l’agriculture ne sont plus les principales activités et la forêt a finalement repris du terrain.

Les vignes

Elles étaient déjà présentes à Lièpvre dè 1415. Certains pensent que c'est Fulrade qui les aurait introduites dans la vallée. Les terres sont de bonnes qualités et bénéficient d'un bon ensoleillement comme sur le Collinière et sur le Kast (au pied du Chalmont).

D’après Jean-Paul Knecht, au environ de 1793 « avec 60 hectares de vignes, on pressait beaucoup de vin. (…) Chaque année, on se réunissait pour en fixer le prix étant entendu que le vin était taxé de produit de première nécessité ».

   
 Vue sur Lièpvre, prise du Raincorne, 1885  Le Kast aujourd’hui

   
 La Collinière 1910  La Collinière 2002

Quelle sorte de vin produisait-on ?
D’après une photo de1916, où des tonneliers prennent la pose, on peut lire sur l’un de leurs tonneaux le mot « Riesling ». Mais il y avait aussi d’autres sortes de vin.

Le saviez-vous ?
Les vignes seront bientôt de retour à Lièpvre !
Un projet visant à replanter des vignes sur la Collinière est en cours !

Existait-il d'autres usines dans le village ?
   
 Reproduction d’une photo de Lièpvre datée de 1866  Reproduction d’une photo de Lièpvre datée de 1885
   
 

L’entreprise Dietsch et Cie. souffrira de la crise du textile comme bien d’autres et fermera vers 1950. En 1959, l’industriel Hubert Schmidt rachètera les locaux et y installera les établissements Schmidt. Quant à l’usine Risler, elle sera détruite en 1990 pour laisser la place à l’actuelle salle polyvalente.

De nos jours, les grosses entreprises ne se trouvent plus au cœur du village mais dans la Z.A. de Bois l’Abesse.

  Reproduction d’une carte postale datée de 1930  

 

Le chemin de fer

La ligne de chemin de fer allant de Sainte Marie à Sélestat, a été construite de 1862 à 1864.
Cette ligne faisait 25 km. Elle permettait de transporter les marchandises et des voyageurs dans la vallée.
À Lièpvre, avec l’arrivée du chemin de fer, certains propriétaires ont dû céder leurs terrains et leurs biens contre dédommagement…

Le tunnel de Sainte Marie ouvert en 1937 a permis de faire passer les trains de marchandises et de voyageurs vers les Vosges. Durant la seconde guerre mondiale, le tunnel est transformé en usine souterraine par les nazis. Le trafic reprendra en 1947 après rénovation. Cependant, avec l’arrivée de l’automobile, la ligne n’est plus rentable.
 

La gare de Lièpvre vers 1920.   Collection D. Bouvier  
  • En 1973 : les trains ne passent plus dans le tunnel
  • 7 février 1976 : Mr. Maurice-Lemaire autorise la première voiture à traverser le tunnel devenu  « tunnel routier »
  • 26 mars 1976 : venue du président de la République Valéry Giscard d’Estaing au tunnel
  • En 1979 : arrêt de la circulation des trains
  • En 1980 : la ligne est fermée
  • De 1996 à 1997 : la voie ferrée est enlevée
  • Aujourd’hui, c’est une piste cyclable qui a pris la place de l’ancienne voie ferrée. Seul subsiste un tronçon partant de Bois l’Abesse, qui est utilisé par les entreprises Rossmann et Hartman.

 À côté de notre école, l’actuelle CMDP était auparavant la gare de Lièpvre. Elle aussi a subi diverses transformations.

En parlant d’école, quand a-t-elle été construite ? Y avait-il un autre bâtiment qui servait d’école  autrefois?

Au XVIIIe siècle, une école était située près de l’église. Elle accueillait 110 élèves de tous âges.
Puis ce bâtiment est devenu trop petit lorsque l’installation de «  salles d’asile »est devenue obligatoire.
Alors en 1823, une école des filles a été bâtie, rue de l’église. Quant à l’ancien bâtiment, il est devenu l’école des garçons.

 
 L’ancienne école des filles rue de l’église à Lièpvre  L’ancienne école des garçons, place de l’église

Cependant l’air industriel a augmenté le nombre d’habitants. C’est en 1862 que notre école a été construite. Elle était divisée en trois parties : la salle d’asile, l’école des garçons et l’école des filles. L’enseignement à cette époque n’était pas le même qu’aujourd’hui. Durant cette époque, les maîtres étaient sévères, ils avaient le droit de frapper les élèves, même en dehors de l’école !

Les croix sur la Collinière

 Bénédiction de la Croix de Mission 29 mars 1908
Reproduction photographique collection Suzanne Pfrimmer..


Quant à la croix de Lorraine (symbole du duc de Lorraine, hommage aux résistants de la seconde guerre mondiale), elle a été placée sur la Collinière en 1946.

 La croix de Mission date de 1908  

Le séquoïa

 

Le séquoïa est un conifère de Californie (Etats-Unis). Là-bas, il peut atteindre les 100 mètres de haut.

Pourquoi y a-t-il un séquoïa à Lièpvre ?

Ce séquoïa n’est pas le seul dans Lièpvre. Un autre conifère se trouverait dans le camping. Selon Mr Kortmann, ils ont été plantés par Mr Jean-Paul Knecht, ancien facteur et premier adjoint à la mairie de Lièpvre il y a quelques années.

 
  Séquoïa rue des grands jardins  

Le stade de football

Observons la reproduction d’une carte postale datée de 1900-1906, dont la vue représente la rue des grands jardins :

 

Une route bordée d’arbres passe entre des champs et des jardins. Quelques habitations, mais pas de stade de foot.

Remarque : Ces arbres ne sont pas là par hasard, ils sont utiles pour la protection de la route. En effet, en hiver, les branches protègent la route de la neige. En été, le feuillage des arbres protège du soleil. (Ceci a été décidé sous Napoléon III !)

Il faut attendre 1937 pour que le projet d’aménagement du stade de foot se mette en route.
Monsieur Maurice Burrus a participé au financement du stade. Le terrain sera opérationnel en 1938.  

 Reproduction d’une carte postale, Entrée ouest de Lièpvre vers 1900, collection Jean-Marie Kortmann
 
 Photo prise en mai 2009